Rapport IGAS «Évaluation du 3ème plan autisme»

Communiqué 21 mai 2017

 

A la lecture du rapport IGAS et IGEN d’évaluation du 3e plan autisme le SPH et la SIP relèvent une base d’accord sur la nécessité :

– d’une reconnaissance de l’importance de la diversité des acteurs dans la prise en charge de l’autisme

– des méthodes d’accompagnement variées.

 

Parmi les critiques formulées, ils notent que les rapporteurs :

– déplorent au sein de la politique générale du handicap « une trop forte spécification de l’autisme » avec « un risque de surdiagnostic pour assurer l’accès aux prestations » ;

– soulignent le manque d’attention accordée par le plan aux familles en situation de précarité et d’exclusion qui rejoint le constat fait par le SPH et la SIP à travers la pratique de psychiatrie infanto-juvénile.

– expriment le regret de ne pas avoir rencontré suffisamment de personnes intervenant auprès de ces familles.

La SIP et le SPH font ainsi remarquer que les enfants souffrant de troubles liés à des négligences graves, diagnostics différentiels des TSA, aux lourdes conséquences sur le développement, sont exclus des mesures et moyens qui doivent accompagner une politique énoncée en faveur d’enfants présentant, sans distinction, des troubles neurodéveloppementaux.

Il est vrai que ces populations ne sont pas représentées dans les associations d’usagers. Elles sont souvent démunies pour faire valoir leur droit et ont massivement recours aux secteurs de psychiatrie publique.

 

Parmi les éléments positifs relevés par le rapport, le SPH et la SIP se félicitent d’y retrouver :

– l’amélioration de l’inclusion scolaire selon les chiffres de l’IGEN

– la mise en valeur des principes de continuité des parcours (diagnostiques, de soins, d’interventions) qui fondent la politique de secteur psychiatrique. Il est à noter les ruptures, souvent liées au manque de place dans le secteur médico-social.

– la nécessité des interventions au domicile et sur les lieux naturels de vie des jeunes enfants qui renforce également l’intérêt de la pédopsychiatrie capable de les assurer et de les coordonner

– l’intérêt des réseaux CMP-CAMSP-CMPP où la place de chacun est différenciée pour établir une complémentarité préférable à l’effet tuyau d’orgue.

 

A ce bilan, le SPH et la SIP :

– rappellent que pour obtenir de meilleures données épidémiologiques, la diversité des formes de TSA, nombreuses selon le DSM 5, doit être prise en compte.

– restent très préoccupés par les risques liés à la fongibilité entre DAF et crédits médico-sociaux préconisée par la recommandation 19 du rapport, qui méconnaît la réalité des besoins de tous les enfants, tous les autres enfants souffrant de pathologies et de troubles moins connus que l’autisme typique et peu portés médiatiquement.

 

Enfin il est nécessaire de lutter contre l’appauvrissement de l’offre sanitaire. La diversité et les capacités d’adaptation des réponses à l’ensemble des populations de patients et de leurs familles sont les seules marques d’une véritable politique de santé publique.